Nos auteurs

Ladislav Fuks

(1923-1994) était fonctionnaire à l’Administration des Monuments historiques de Prague. Il n’a commencé à écrire que relativement tard. Son premier livre en 1963 est « Monsieur Mundstock » qui connaît d’emblée un très bon accueil auprès du public comme de la critique. Le thème des juifs et de l’holocauste reste d’ailleurs au centre des préoccupations de l’auteur et apparaît dans la plupart de ses livres. En 1964 il écrit « Mes frères aux cheveux noirs ». En 1966, « Variations pour une corde sombre ».   En 1967 il écrit « L’incinérateur de cadavres » et dès l’année suivante, il signe le scénario du film du même nom qui est réalisé par Juraj Herz. Ce film fut interdit après l’occupation de la Tchécoslovaquie par les forces du Pacte de Varsovie.   Ladislav Fuks lui-même, qui était aussi anxieux et vulnérable que ses personnages, est brisé et manipulé par l’appareillage de « normalisation » de la société tchécoslovaque mis en place par les nouveaux tenants du pouvoir.

Daniil Harms

(1905-1942) — Né à Saint-Pétersbourg en 1905, Daniil Harms était un personnage excentrique de l’avant-garde artistique russe. Dès 1925, il fait partie de l’Union des Poètes. En 1927 il fonde avec ses amis l’Association pour un Art Réel (OBÉRIOU) et milite pour un théâtre et une poésie libérés, mais chacun de ses actes est condamné par le régime. Daniil Harms de son vivant n’a pu publier que deux poèmes, hormis les textes pour les enfants qu’il écrivait pour vivre.
La répression s’endurcit dans les années trente. Harms est envoyé en exil à Koursk en 1932, puis il revient à Leningrad où il connaît la misère. Il écrit moins de poèmes et plus de récits en prose.Appartements communautaires, disparitions subites, victoire de la médiocrité, la réalité soviétique de ces années de fer est distillée dans ses textes courts jusqu’à une densité révélatrice de la petite erreur sur laquelle se base l’Univers.
En 1941, tandis que les Allemands progressent vers Leningrad, Daniil Harms est arrêté au sortir de chez lui. Il meurt en détention quelques mois plus tard.
L’œuvre de Daniil Harms échappe de peu à la destruction. Contenue dans une valise, elle est récupérée pendant le blocus de Leningrad par un ami de Harms, le philosophe Iakov Drouskine, dans l’immeuble bombardé où vivait l’écrivain.
Daniil Harms, l’un des écrivains russes les plus importants de sa génération, connaît un extraordinaire regain de popularité depuis une dizaine d’années.

Samko Tále

(?) — écrivain slovaque égnimatique. Samko Tále est le pseudonyme de Daniela Kapitaňová, lauréate en 1996 d’un concours littéraire national. Mais l'identité de l'auteur du « Livre du Cimetière » qui a paru en 2000 a longtemps été gardée secrète. Daniela Kapitáňová a fait des études de dramaturgie à Prague, puis exercé au Théâtre régional hongrois de Komárno en Slovaquie, où elle vit jusqu’à présent. Narratrice de talent et virtuose de l’esquisse de caractère, Daniela Kapitáňová se consacre à des chroniques radiophoniques et a publié en 2005 son deuxième roman, « Que ça reste en famille ».

Josef Váchal

(1889-1969) artiste complet, écrivait, illustrait et imprimait lui-même ses livres, qui constituent une synthèse entre l’art et la création littéraire.
Inspiré par le symbolisme, l’expressionnisme et le surréalisme, Váchal s’impose avec le temps comme l’une des figures les plus originales de l’art moderne. Malgré son enracinement mystique dans les traditions tchèques, et bien que son œuvre soit la manifestation d’un individualisme extrême qui n’a pas son pareil dans le contexte européen, Váchal est universel. Son œuvre a fait l’objet d’un colloque et d’une exposition importante à Paris en 1999.

Pavel Vilikovsky

(1941) – écrivain né à Palúdzka, en Slovaquie. Il occupe une place particulière dans la littérature slovaque, car il a su mieux que tout autre évoquer de manière ludique les difficultés inhérentes à la formation de l’identité slovaque, dans un contexte centre-européen lourd de passions.
Diplômé d’anglais, Pavel Vilikovský a travaillé d’emblée dans le monde de l’édition en tant que traducteur et éditeur. Il est notamment connu pour ses nombreuses traductions : Joseph Conrad, Virginia Woolf, William Faulkner, William S. Burroughs. Son œuvre littéraire ne connaît une publication régulière que depuis la chute du communisme. Pavel Vilikovský écrit des textes aux inspirations très variées, avec une prédilection pour la nouvelle. Il est marié, a deux enfants et vit à Bratislava.
Un premier ouvrage de lui, « Le cheval dans l’escalier », a été publié par Maurice Nadeau en 1997.